Le coiffeur de caniches: Bombe Azure.
Je vous jure que cette histoire n'est pas vraie, néanmoins si vous voulez croire qu'elle l'est, vous en aurez pour vos frais, mais si vous pensez qu'elle ne l'est pas, j'en serais bien désolé.
Ce récit est dédié aux membres du site qui sont Sfaxiens, ou Sfaxiens d'alliance ou fils et filles de Sfaxiens.
La grande Rue de l'ancienne ville de Beersheba a pour nom K.K.L. Oui vous avez bien entendu, K.K.L: Keren Kayemet Leisrael. Aujourd'hui cette voie est transformée en promenade. Or, voila que j'ai donné rendez-vous à mes frères, dans cette allée, pour aller ensemble à une circoncision qui a lieu l'après-midi. Comme j'arrive le premier j'attends, ainsi dirait La Palisse.
Dans cette avenue, les commerçants vous proposent leur article. Plusieurs enseignes attirent mon attention, étant donnée que je m'ennuie, je les lis.
En Judéo-arabe:
Koulou foulou ta'a Loulou., mangez les fèves de Loulou.
Ou en français:
Casse-croûte au thon, chez Gaston.
Mangez une entrecôte, chez Charlotte.
Mais a part les gargotes, il y a aussi des débits de tabac. Alors on peut :
Acheter des cigares, chez Richard.
Des cigarettes, chez Antoinette.
Apres les guinguettes, on trouve les salons de coiffure. Un coiffeur a placé à la devanture une pancarte sur laquelle je déchiffre:
Hirsute où brosse chez le boss, Bombe Azure.
Bombe Azure? Quel nom! Ma parole! Je regarde la vitrine de la dite boutique, il n'y a pas grand-chose a voir, a part des shampooings, de la mousse a barbes, de la brillantine, du gel fixant, des anti-calvities, des activants de pousse, des produits miracles donnant un espoir aux chauves et autres marchandises qu'on trouve chez tous les coiffeurs. Mais n'ayant rien a faire, je reste la, plongé dans ma contemplation, tantôt admirant les produits de l'exposition, tantôt relisant l'écriteau: Bombe Azur, quel nom!
Le bonhomme ainsi nommé, est de petite taille, trapu et la tête bien grande pour sa hauteur. Il est justement en train de terminer la coiffure d'un jeune homme, en se soulevant parfois sur la pointe des pieds.
Sur ces entrefaites, arrive un caniche qui, s'arrêtant devant moi, remue sa queue. Je l'observe, il me scrute, je le contemple, il me considère. Le barbier sort de son magasin et il me propose:
-- On lui fait une beauté?
-- Faites lui une belle allure, je répond.
-- Que dites vous, continue le capilliculteur, si on lui arrange une crinière de lion, avec des manchettes aux pattes.
-- Soit pour un lion! Je réplique.
Le spécialiste de la chevelure humaine ou canine se met au travail, il place le petit carnivore sur un siège, et coupe les poils avec dextérité. Je l'admire, lui-même est émerveillé, le chien, lui, ne semble pas s'amuser. Au bout d'un moment assez long, l'ouvrage est terminé. Le perruquier me tend la main:
-- Vous me devez dix euros, annonce-t-il triomphalement.
-- Dix euros? Cela m'étonne. Pourquoi?
-- Vous êtes étonné? Ah! Oui! Et la coiffe, c'est des pierres? Réplique-t-il en criant et gesticulant.
-- Mais ce n'est pas mon chien!
Juste a ce moment, mes frères arrivent: Nathan, Viviane et Freddy. Ils s'intéressent à la raison de l'esclandre.
-- Il se trouve que ce monsieur, vient de pratiquer ses talents sur la tête du chiot, et il me demande de payer dix euros.
-- It à'lem el ahjama ala riess el itama, riposte Freddy, dont le vocabulaire est riche en maximes tunisiennes: Il apprend a coiffer sur la tête des orphelins.
-- Ce n'est pas sa bête, ajoute Nathan.
-- O que non! Se fâche Viviane.
Une discussion s'engage, à haute voix et on ne s'entend plus, jusqu'au moment où arrive un policier, l'agent de police du quartier.
-- Venez avec moi, ordonne-t-il!
Nous le suivons au commissariat de police, lui en avant et nous derrière, par ordre de taille:
d'abord le chien, après c'est Bombe Azur, ensuite Nathan, puis Viviane, moi et Freddy ferme le rang.
Le commissaire nous écoute, d'abord Bombe Azur, moi ensuite et il décide enfin:
-- Payes lui dix euros et qu'on en finisse. Je connais ce petit coco, il est de mauvaise foi, mais il est capable de t'attenter en justice. Alors tu devras expliquer au juge que si tu ne possèdes pas de chien, pourquoi ne pas l'avoir dit depuis le début. Ce coiffeur est comme une abeille qui pique sans qu'on ne l'ait vue.
-- Monsieur l'officier de police, "ikras ouiadou tahtou. Il pince la main cachée ou pince sans rire". Si je lui paye, une autre fois il voudra coiffer un cheval à la mode des éléphants, et il viendra me demander cent euros.
En fin de compte, je fais les frais de cette aventure, en riant: ce chien retournera chez son propriétaire, avec une allure de lion et avec des manchettes aux pattes. Je voudrais voir la tête du type quand il se demandera:
-- Mais comment ce petit malin à quatre pattes s'est-il débrouillé pour payer dix euros au coiffeur.
A la fête qui suit la circoncision ma bonne humeur contamine toute la table, Freddy, Nathan et les autres. Une bouteille de vin se vide, une autre aussi et une troisième. Tant et si bien que notre compagnie de table ronde a droit au prix du maître d'hôtel:
* Une Boukha Bokobsa et de la boutargue.
En plus le prix du D.J. Jacob Cohen:
* Une coiffure a la mode chez Bombe Azure.
De très bonne humeur nous allons tous une douzaine de personnes, par ordre de taille, chez Bombe Azure, nos tickets à la main. Ses prunelles s'écarquillent quand nous apparaissons. Il ouvre très grande sa bouche. Il ne pensait pas nous revoir si vite et avec du renfort encore.
A la mémoire de Bomba Zur qui a si bien interprété ce sketch en 1975.
Dans cette rubrique, l' on mettra les proverbes et expressions tunisiennes.
N'en connaissant pas beaucoup, nous comptons sur vous pour que vous nous fassiez parvenir vos proverbes en laissant un commentaire sur ce billet.
Nous commençons la série avec une expression typique des ventes aux enchères :
Illi ijide, ijide fi reuskou. - Celui qui rajoute, rajoute dans son bien.
MA TLOUM ALA DELLAL - Pas de reproches au vendeur
BAT MAA EDJEJ, KAM FE SBAH HE KAKE - il a dormi avec les poulets, il s'est reveillé au matin en caquetant
TAALEM LAHJAMA FI RAS LITAMA - il a appris la coiffure sur la tête des orphelins (à leur détriment)
AALA ECHKOUN THARKES YA MART LAAMA - pour qui tu te maquilles femme de l'aveugle ?
KEN KARI, OUELA MOULA E DAR - Se dit à propos d 'un individu culotté: il était locataire, il est devenu propriétaire.
BENT E SELTAN MCHAT EL HAMMAM, JABET MA TAHKI AAM - à propos de quelqu'un qui raconte un fait divers avec forces détails:
la fille du Sultan est allée au hammam, elle en a rapporté pour un an d'histoires
CHA CHA KI TICHA OUBOURIM E REBBI LA TINCHA - cha cha Ki Tissa, le pourim du Rabbin tu n'oublieras point
les suivants sont tirés de la feuille de miel de roch hachana ( ouarkat el âsal )
La ihout-na fi foum khalk , la belbateul oula b'hak - T'abstenir qu'on parle de toi, en bien ou en mal
Allamna'oum it calmou, âlmouna neus'euk'tou - (les enfants), on leur apprend à parler, ils nous apprennent à nous taire
Ida fateuk et-âme koul ch'baâte, ouida fateuk el-clame koulsmaâte - si tu as raté un bon diner, dis :" je n'ai plus faim" ; si tu as raté une conversation, dis : "j'ai entendu".
Eldi h'ab sgirèk oubassou, hetlou tage aâla rassou - Celui qui aime et embrasse ton enfant, mets lui une couronne sur la tête .
Ekh'dem aâla ârdek, meun baâd ikh'dem âlik - travaille pour ton honneur, ensuite il travaillera pour toi.
Jarek elkrib, akhir mine khouk elbîde - Ton proche voisin, mieux que ton frère lointain.
Aâmel elkhir oun'-sa'a , yati yom outelka'a - Fais le bien et oublie-le , viendra un jour où tu le retrouveras.
Celle-ci a été postée par pierre Uzan, merci à lui !!
tched el keddeb hatai beb el dar- tu "attrapes" le menteur jusqu'a la porte de sa maison
"Kane martek habla, redbalek aliya yasser " - quand ta femme est enceinte, occupe toi d'elle
Un amateur de plus ?
Qui ne connaît pas les anecdotes de J’ha ? Elles font partie du folklore Tunisien. En voila une, qui vous rappellera beaucoup d’autres.
Un grand merci à Mr camus bouhnik ( jusqu'à 120 ans, au moins )
Maken ou maken,
Ala J’ha ould sétan,
Berahmat Allah
Betna hrer, betkem kitan,
Bet el a’dou zraba’a ou firan.
Il était une fois,
J’ha rusé et malin,
Par la Grâce du Seigneur,
De la soie chez nous, chez vous du lin.
Et chez l’ennemi des souris et des rats.
Une dame demande a son mari d’organiser le mariage de sa fille avec son cousin paternel, comme c’était le rite en Tunisie de promettre la fille, bent el am el ould am, ce qui veut dire la fille de l’oncle paternel, au fils de l’oncle paternel. Le futur beau père vient demander conseil à J’ha.
— Ma fille doit se marier, mais j’ai des difficultés, la récolte a été mauvaise et mon portefeuille est a plat. Donnez moi un conseil Monsieur Yah’ya. Yah’ya était le vrai nom de J’ha, et quand on l’employait J’ha se sentait dans les nues.
— Il y a une abondance d’oignons dans le marché. Achetez en tant que vous pourrez et vendez les plus tard, à un bon prix, lorsqu’il y aura une insuffisance.
Les conseils de J’ha sont suivis à la lettre, les oignons rapportent un excellent bénéfice qui permet de marier la fille avec grande pompe, des moutons égorgés, des repas fins, des boissons largement distribuées et bien sur des vêtements de haute couture. Sans compter le programme artistique qui a coûté une belle somme.
Notre ami retourne demander conseil à J’ha.
— J’ha dit-il, il me reste un petit pécule de l’affaire des oignons et ceci après avoir payé les dépenses du mariage. Donnez un conseil sur la manière d’investir cet argent.
— Bientôt c’est le nouvel an chez les Juifs, le Rosh Ashana. Il leur faudra une grande quantité de bleds. Achetez en aujourd’hui à bas prix et vendez le moment venu.
Le spéculateur achète des bleds en gros et en remplit un grand magasin. Il mouille les feuilles vertes, afin de leur donner une belle apparence, ce qui a pour effet de les pourrir, pendant les deux semaines qui nous séparent du jour J. Les légumes sont jetés, et le commerçant désabusé va trouver J’ha pour faire des remarques désobligeantes.
— Vous m’avez donné des très bons conseils, il n’y a pas longtemps, mais cette fois ci, c’est une grosse perte et c’est dommage.
— La première fois, vous m’avez appelé Yah’ya, et je vous ai donné la vie : hayetek. La seconde fois vous m’avez nommé J’ha, et je vous ai en...foncé : ahchetek.
Vous trouverez d’autres anecdotes de J’ha dans le livre : les contes de Ghzala, de Myriam Houri-Passoti, édition Gallimard.
Mais si vous ne trouvez pas le bouquin, je vous raconterai des nouvelle
Libre adaptation du célèbre poème de Victor Hugo par Si Kadour Ben Nitram.
Lorsque, avec ses enfants nourris de cacahouètes,
Ecervelé, livide, au milieu d’La Goulette,
Cohen se fut enfui du Palais Boulakïa,
Comme le soir tombait, l’homme sombre arriva,
Au bas d’une rotonde sentant l’kebda et l’ôsbène ;
Sa femme fatiguée et ses fils hors d’haleine
Lui dirent : « Couçons-nous sur la plaze et dormons ! »
Cohen ne dormant pas, songeait à Salomon,
Il pensait à cette traite tirée sur lui, à 90 jours,
Pour une somme d’argent, prêtée pour Kippour,
Qu’il avait laissé protester à l’écéance, sans hésitation,
Et dont Sloumou, sur le coup, était mort d’émotion !
Alors, ayant levé la tête, au fond des cieux funèbres
Il vit un œil, tout grand ouvert dans les ténèbres.
« Ya Doubaï ! Ya Doubaï *! J’suis trop prêt ! » Dit-il en tremblant.
Il réveilla ses fils dormant, sa femme grasse
Il se remit à fuir sinistre dans l’espace.
« Levez-vous, Sloumou, Zacob, Braïtou*… Taïta… »
« Partons vite… regardez… l’Aïn-Menzouz * est là ! »
Il marcha tout le jour, marcha toute la nuit,
Il allait muet, pâle et frémissant aux bruits
Que font les savates traînant sur la grève…
Khaoueff…* sans regarder derrière lui, sans trêve…
Sans repos, bless sommeil, le ventre torturé
D’une fringale de bricks et de merguez grillés.
A force de marcher, il atteignit Dermech,
« Arrêtons-nous, dit-il, comme asile, ouni khir ma temmech !*
Restons-y, nous avons, ouras robbi *, mis l’espace,
Entre nous et ce grand œil tout fartasse ! * »
Et comme il s’asseyait, il vit là-bas, mesquine *
L’œil à la même place, au d’ssus d’Bou-Kornine…
Alors il tressaillit en proie au noir frisson
Sentant l’couraze filer dans son pantalon.
« Cachez moi ! », cria-t-il et, le doigt fourré dans l’nez,
Tous ses fils regardaient trembler l’aïeul apeuré.
Cohen dit à Zacob, « Mon fils, brass bouk… écoute…
Toi, qui mieux que personne prépares l’adam’ khout,
Etends par là le linge le plus grand,
Celui qui fait au ciel un mur zéant !... »
On enleva l’sarrouel d’Kouka, la tante,
Et l’on développa la muraille flottante ;
Et quand on l’eut fixée avec des pierres grosses
« Vous ne voyez plus rien ? » dit Sarah, la gosse,
Sarah, sa fille chérie, aussi douce que le miel ;
Et Cohen répondit : « Je vois cet œil mazel ! * »
Sloumou, type de ceux qui passent dans les quartiers,
Criant : « Robba vecchia !... chands d’bouteil’ *… Vieux souliers ! »
Dit : « Cohen, ze saurai bien construire une barrière,
Quelque chose de grand…pour te mettre derrière ! »
Il fît un mur de palmes, comme dans les cabanes,
Et Cohen dit : « Y m’regarde encore ce tahane ! * »
Moumou, le Sportif, membre de la Q.C.P.T.,
Dit : « Esmâ *, il faut faire… en ciment armé,
Une maison, épaisse comme celle de Krief,
Avec une porte kh’sina*, fermant à clef.
Alors Kiki, forzeron de Souk-en-N’has *,
Construisit, aidé de Braïtou et de Binhas,
Une tour en ciment et tôle galvanisée,
Sans fenêtre, ceï*…avec une porte d’entrée.
Et pendant qu’ils travaillaient, les femmes, les enfants,
Faisaient mezzi ou zeï…* et pour passer le temps…
Croquaient zgougou, bnina, bistaches et glibettes…*
Laissant l’aïeul traqué comme une bête,
Impatient de pouvoir être enfin, en lieu sûr.
Alors, on grava sur les quatre murs :
« Défense… même à Rebbi d’entrer ! »
Et quand ils finirent de clore et de murer,
On mit l’aïeul au centre, en une tour de pierre.
Et lui restait toujours froussard. « Ô mon père
L’œil a-t-il disparu ? » Dit en tremblant Taïta.
Et Cohen répondit : « Ceï…Il est toujours là ! »
Alors il dit : « Ze veux habiter sous la terre…
Comme les morts…dans l’cimetière.
N’em’ chou* pour le Borzel *… terre de nos aïeux,
Là rien ne me verra plus…khir *…je serai mieux. »
On se mit donc en route pour le Borzel,
Cohen en tête, suivi de Taïta, de Rachel,
De Sloumou, Zacob, Braïtou, Moumou,
De Kiki, Sarah, Gaigou, Bissi, Bisnaïnou…
On fit donc une fosse, et Cohen dit : « C’est bien !
Ouni ma tamass * : ze ne verrai plus rien ! »
Puis il descendit seul sous cette voûte sombre.
Quand il fut assis sur sa saise, dans l’ombre…
Et qu’on eut, sur son front, fermé le souterrain,
L’œil était dans la tombe… et regardait Cohen !
Glossaire.
Ya Doubaï * : Mon D-ieu. Pour ne pas Ya A-donaï et dire le nom du Seigneur en dehors des prières.
Sloumou, Zacob, Braïtou, Sloumou, Zacob, Braïtou, Moumou, Kiki, Sarah, Gaigou, Bissi, Bisnaïnou… * : Dérivés de Salomon, Jacob, Albert. etc.
L’Aïn-Menzouz * : Un œil de deux.
Khaoueff…* : Peureux.
Ouni khir ma temmech * : Il n’y a pas mieux que cet emplacement.
Ouras robbi * : Pardieu !
Fartasse * : Littéralement la signification est : chauve. Sans doute le mot a été choisi pour la rime.
Mesquine * Le pauvre, le malheureux.
Brass bouk * : Sur la vie de ton père.
L’adam’ khout * : La boutargue.
L’sarrouel * : Pantalons bouffants, saroual.
Mazel * : Chance, dans ce texte malchance.
… chands d’bouteil’* : Marchand de bouteilles ?
Tahane : * Littéralement cocu, si on peut traiter un œil de cocu.
Esmâ ! * : Ecoute !
Kh’sina* : Epaisse.
Souk-en-N’has * : Le souk des forgerons.
Ceï*… : Rien…
Mezzi ou zeï…* : Va et vient.
Zgougou, bnina, bistaches et glibettes…* : Graines de pin, pistaches et pépins de tournesol. Je ne vois pas le sens de bnina.
N’em’ chou* : Nous allons.
Le Borzel* : Cimetière Juif à Tunis.
Khir * : Il vaut mieux.
Ouni ma tamass * : Il n’y a rien à faire, ici je ne verrai plus rien ! »
Merci à Guy Travère qui a inséré ce sketch dans La Diaspora Sfaxienne 1999.
Edité dans le Forum Sfaxien, avec l’autorisation de La Diaspora Sfaxienne.